Nouvelles de 30 mars 2009

  2009/03/30
Newsletter Mars 2009
Last changed: 30 mars 2009 19:44 by Guillaume Carré

Edito

Par Luc Legardeur

Bonjour à toutes et à tous,

Au dire de nombreuses personnes présentes le 19 Mars, notre soirée inaugurale a été un grand succès. Plus de 130 personnes étaient présentes au Novotel et cela malgré la grève. Un grand merci à Borland, le sponsor de cette soirée.

Avec presque 300 membres, le Scrum User Group démarre fort. Néanmoins, pas d'autosatisfaction. Il faut que cet engouement soit continu dans le temps et que notre association joue son rôle d'organe fédérateur et de plate-forme d'échange. Pour cela, nous comptons sur vos participations au contenu du Wiki (il suffit de s'inscrire pour être déclaré contributeur(trice) et pouvoir ajouter du contenu, un peu à la mode Wikipedia).

N'hésitez pas non plus à vous servir de Meetup pour des rendez-vous entre vous autour d'un café, d'un verre, d'un repas... Là encore, il faut juste demander à passer Organizer sur Meetup en envoyant un mail au SUG (redaction@frenchsug.org) pour pouvoir organiser ces réunions en petit comité.

Nous espérons que cette édition de Mars vous satisfera. Un merci particulier à nos amis des régions pour les informations qu'ils nous remontent sur leurs activités.

Notre prochain évènement est le World Café du 18 Juin. Nous espérons vous y voir nombreux et surtout vous y voir participatifs car ce format est destiné à faire avancer le débat sur tous les sujets qui vous intéresseraient autour de Scrum.

Comme annoncé, nous allons également organiser une enquête au niveau national sur la situation d'adoption et de succès des méthodes agiles.

Enfin nous cherchons des contributeurs pour notre prochaine News Letter. Envoyez un mail à redaction@frenchsug.org.

Merci à nos sponsors à l'année Borland, Microsoft, Valtech, Xebia et Zenika.

Retour d'expérience

Par Nicolas Martignole

Rencontre avec Dimitri BAELI de l'éditeur logiciel open-source eXoPlatform. ExoPlatform est leader des portails d'entreprise, et propose 4 logiciels open-source Java pour répondre aux besoins de l'entreprise : eXo ECM pour la gestion de document électronique, WebOS pour offrir un système d'exploitation dans un navigateur internet, eXo Portal pour proposer un moteur de portail Web 2.0 et eXo CS, une suite collaborative innovante.

Dimitri est "Usuability Manager" et s'occupe de la mise en place de l'Agilité et des outils pour les équipes. C'est une démarche pour la qualité des produits, pour améliorer les techniques de développement et la gestion du développement de leurs logiciels. Les équipes sont situées dans 3 centres de développements : Ukraine, Tunisie et le Viet-Nam. C'est donc aussi de la mise en place de Scrum avec ces 3 sites que nous avons discuté avec Dimitri

Nicolas Martignole pour le French SUG : Comment en êtes-vous venus à l'Agilité et à Scrum en particulier ? Quels étaient les bénéfices attendus ?

Dimitri Baeli : En 2002 en cherchant à améliorer les méthodes de développement chez un éditeur de logiciel, j'ai travaillé pour mettre en place d'abord XP puis Scrum. En 2006 j'ai suivi une formation en Suisse sur Scrum, et enfin j'ai proposé au managment d'eXoPlatform l'an passé de mettre en place une démarche globale afin de proposer une nouvelle approche sur le plan des développements comme sur le plan de la gestion des demandes de nos clients

French SUG : Utilisez-vous d'autres méthodes ou approches en complément ?

Dimitri Baeli : Oui, l'eXtreme Programming pour les bonnes pratiques de développement. Nous nous intéressons aussi beaucoup à Lean, c'est pour moi une étape suivante à suivre afin d'approfondir notre démarche et ajouter de l'amélioration continue.

French SUG : Quand et comment avez-vous introduit Scrum ? Comment cela a-t-il été perçu par votre Entreprise ? Par la Direction ?

Dimitri Baeli : Après avoir rejoint eXoPlatform l'an passé, Benjamin Mestrallet son directeur m'a proposé de travailler afin de mettre en place les outils et de la méthodologie. C'est donc une approche top-bottom, sponsorisée directement par le responsable de l'entreprise. L'approche multi-culturelle avec 70 développeurs, 8 équipes nous a donné dès le départ un challenge vraiment important. Je pense que c'est un choix stratégique de structuration de l'entreprise qui donne à eXoPlatform un avantage et une dynamique très forte.

Le grand point fort, je pense, qui a facilité la mise en place de Scrum c'est l'idée de Benjamin Mestrallet de créer un nouveau poste chez eXoPlatform, rôle qui pour moi a constitué à allier mon profil technique sénior et mon profil Agile, afin d'apporter aux équipes un facilitateur transverse. C'était aussi un moyen d'harmoniser les pratiques pour toutes les équipes. En partant du Viet-Nam, puis l'Ukraine et enfin la Tunisie.

French SUG : Par rapport à Scrum, voyez-vous des différences culturelles entre les 3 pays ?

Dimitri Baeli : Non pas vraiment. Plus des anecdotes. Au Viet-Nam les Burndown charts sont parfaits à chaque fois, ce qui m'indique que quelque chose ne se passe pas normalement (rires). La méthode s'explique simplement et nous avons réussi à mettre en place sans problèmes Scrum. L'Ukraine est en avance, l'Agilité est déjà dans la culture des développeurs. En Tunisie nous avons commencé à mettre en place aussi Scrum avec 5 personnes. Pour chaque pays, nous avons migré une équipe après l'autre, avec l'aide pour moi d'un ScrumMaster par pays afin de coordonner la mise en place de Scrum dans chaque département.

French SUG : Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de la durée des sprints, de l'outillage ?

Dimitri Baeli : Nous utilisons les outils classiques comme Jira par exemple pour la gestion des défauts et des demandes. Les Sprints durent 2 semaines, cela nous permet aussi d'assurer une gestion entre les équipes. Nous avons traduit en russe et en français le livre "Scrum and XP from the trenches" afin que chaque équipe puisse avoir aussi un guide afin de les aider dans la mise en place de Scrum et des bonnes pratiques. Nous avons aussi un "How do we Scrum at ExoPlatform" sur lequel nous travaillons. Nous utilisons aussi beaucoup XWiki pour l'échange entre les équipes, un document de rétrospective proposé par Mr Lefevre que nous utilisons, bref nous avons beaucoup d'idées et de produits.

French SUG : Les résultats escomptés ont-ils été au rendez-vous ? Au début ? Aujourd'hui ?

Dimitri Baeli : Oui complètement. Nous avons aussi généralisé la pratique pour des équipes de qualité, de graphiste et de documentation. Ils utilisent les mêmes outils que les développeurs. Quant au cycle de développement, Scrum et XP nous permettent de travailler plus efficacement.

French SUG : Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Dimitri Baeli : Notre volonté d'avoir les responsables produits en France, donc les Product Owners au sens Scrum, clairement cela va à l'encontre de Scrum. Nous avons des problèmes très simples comme le décalage horaire. Cependant nous nous sommes organisés et cela fonctionne maintenant parfaitement. J'ai eu aussi quelques difficultés sur le fait que l'équipe donne les estimations au Product Owner. Il faut que toute l'équipe comprenne les fonctionnalités, ce qui demande du temps. En conséquence en amont du Sprint Planning nous travaillons afin de définir et estimer le travail à faire.

A propos des estimations, nous avons attendu 3 sprints avant d'introduire le BurndownChart et le calcul de la vélocité, afin que l'équipe monte en compétence. Nous utilisons des jours-hommes idéals comme unité.

French SUG : Ultime question : quelles sont selon vous les clés du succès pour mettre en place Scrum dans l'Entreprise ?

Dimitri Baeli : En premier je pense que l'engagement de l'équipe de Direction est important, voir indispensable. Scrum est une méthodologie qui se met en place par le management afin d'éviter des conflits d'intérêts. L'adhésion de la Direction se fait très bien, c'est un moyen de responsabiliser les équipes de développement.

Je recommande aussi de demander de l'aide à un coach externe, sans partie-prenante avec l'entreprise, afin de venir défendre Scrum et XP, et afin d'aller à la chasse aux incompréhensions et aux questions que soulève la mise en place de méthodes agiles.

French SUG : Dimitri merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions

Dimitri Baeli: Merci Nicolas et à bientôt

Vous souhaitez être interviewé dans la prochaine lettre d'information ? N'hésitez pas à contacter l'équipe de rédaction (Pascal, Nicolas, Claude)

Interview de Laurent Metzger, Directeur Ingénierie Europe, Kelkoo

Par Alexandre Boutin, correspondant du SUG en Rhône-Alpes

AB   Bonjour Laurent. Pourrais-tu nous préciser ton rôle au sein de Kelkoo ?

LM    Bonjour Alex. Je suis en charge des équipes techniques, environ 60 personnes sur Grenoble, qui développent, testent, déploient et exploitent les applications des sites Kelkoo dans 10 pays européens.

AB   Depuis combien de temps utilisez-vous Scrum ?

LM    Nous avons découvert Scrum à la suite du rachat de Kelkoo par Yahoo. Nous l'utilisons depuis 3 ans et nous accélérons sa généralisation à l'ensemble des projets depuis environ 1 an.

         Bien que Scrum fonctionne pour des organisations de taille importante, je trouve que les méthodes agiles sont d'autant plus pertinentes depuis la vente de Kelkoo et le retour à une taille d'entreprise plus humaine.

AB   Quels sont les avantages de Scrum ?

LM    Scrum répond parfaitement aux objectifs de Kelkoo

1.   Besoin de réactivité vis-à-vis du marché.

Le monde du web est très changeant et des nouveaux besoins apparaissent constamment. La réduction du Time-To-Market apportée par Scrum nous rend plus compétitifs.

2.   Dynamique d'équipe

D'une façon générale, Scrum renforce l'efficacité individuelle et collective par une meilleure compréhension des objectifs et un alignement de toute l'organisation. De plus Scrum assure une meilleure collaboration de l'ensemble des acteurs pour la réussite du projet.

3.   Gestion de priorités

Une bonne gestion et le respect des priorités est une des clés de la réussite d'un produit. A ce niveau et du fait de sa structure même, Scrum « force » les acteurs à définir les priorités des exigences et l'objectif final se trouve beaucoup mieux défini.

AB   Avez-vous rencontré des problèmes avec Scrum ?

LM    Essentiellement un changement culturel du fait de la difficulté de certaines personnes à s'adapter aux nouvelles pratiques. Nous avons demandé aux directeurs et managers intermédiaires de faire un gros travail d'accompagnement, mais nous nous donnons encore un peu de temps pour appliquer l'ensemble des pratiques.

Nous cherchons à automatiser l'ensemble des tests, mais nous rencontrons quelques difficultés sur le test d'IHM dans un contexte Web et sur un autre plan, un pilote TDD est en cours pour évaluer cette pratique.

         Il y a également un certain surcoût lié à la distribution d'équipe puisque les responsables produit sont basés à Londres, ce qui complexifie le travail de Product Owner par exemple, mais les outils de communication modernes tels que la visioconférence aident bien..

AB   Quel est ton bilan de l'utilisation de Scrum ?

LM    L'apport a été énorme sur 2008 car nous avons accéléré la livraison des évolutions du site (environ 30%) à qualité constante. De plus, le plaisir et l'implication des équipes techniques sont beaucoup plus forts, tant sur la définition des priorités que sur leur contribution à la vision du produit.

La prochaine étape consiste à généraliser l'approche Agile à l'ensemble de la société sous l'égide de notre nouveau CEO qui est un grand adepte de l'agilité. Il nous reste encore du chemin à parcourir, mais nous sommes sur la bonne voie.

AB   Merci beaucoup Laurent pour ton retour d'expérience et bonne continuation sur cette voie de l'agilité.

Du point de vue du coach

Par Véronique Messager

Pourquoi ce monde idéal décrit dans les livres où l'équipe est intégrée, multidisciplinaire, auto-responsabilisée, solidaire, ... bref agile, est-il difficile à reproduire dans « la vraie vie » ?

Parce que lorsqu'on introduit un changement dans une équipe, chacun interprétera ce changement comme une opportunité ou une menace.
Voulu ou subi, un changement constitue une transformation qui génère incertitude voire complexité. Même si les collaborateurs sont très compétents techniquement, ces compétences seront mal exploitées voire inutiles s'il subsiste des blocages au plan humain. Ces contextes d'évolution méthodologique mais surtout culturelle sont à aborder prudemment : bien plus que les écueils rencontrés au plan technique, - qui peuvent facilement bénéficier d'un support approprié -, les pièges, liés aux résistances des hommes, sont à considérer sans mépris et avec respect.

Dans une étape préliminaire, le coach s'attachera à faire prendre conscience à l'équipe des freins possibles et repérer les facteurs clés de succès de la démarche ; là il s'agit de prendre en considération le ressenti des personnes :
- le déni : « ce n'est pas possible, ce n'est pas le moment, ce n'est pas pour nous »,

- la colère : « ce n'est pas juste, qu'est-ce que cela changera ? », « ça marchait bien avant »,

- la peur : « qu'ai-je à gagner ? », « que vais-je perdre ? », « comment vais-je faire ? »,

- la tristesse : « il n'y a plus rien à faire, de toute façon, ils ont décidé ! » , « les autres sont d'accord ! »
ou
- la joie : « super, on est précurseur ».

A défaut d'obtenir l'adhésion de tous, le coach amènera l'équipe à définir elle-même sa stratégie et son rythme d'adoption ; elle verra ainsi grandir son autonomie. Le coach insistera sur les bénéfices des rétrospectives, occasion pour l'équipe de s'améliorer, de gagner en confiance et accroître sa motivation vis-à-vis du changement. Enfin, le coach s'enquerra de la façon dont est envisagée la montée en compétences et comment est géré le partage des connaissances afin de prévenir le risque de frustration ou de rejet.

Il n'en demeure pas moins que l'un peut être sensible à la possibilité de pouvoir exprimer plus facilement ses talents, mais l'autre s'affoler à l'idée de ne plus se voir assigner les tâches à exécuter ; l'un peut apprécier d'acquérir de nouvelles compétences, l'autre peut paniquer devant le renoncement à un savoir-faire reconnu ; l'un peut spontanément partager ses connaissances, l'autre être réticent à se délester de son expertise.

Le coach doit donc, dans sa démarche d'accompagnement, considérer l'équipe comme un tout, mais personnaliser son écoute en fonction de chaque individu.

A suivre....le mois prochain.

L'esprit agile a soufflé sur Marseille

Par Karine Mazet

ViaXoft développe une plate-forme de CRM multicanal à destination des acteurs du Tourisme.

Fervents défenseurs des Méthodologies Agiles,et devant l'absence d'initiative Agile sur la région Paca, nous avons décidé d'organiser, en partenariat avec l'Ecole Centrale de Marseille, Marseille Innovation, Libertis et Medinsoft, le lancement de la première communauté agile marseillaise avec une soirée Esprit Agile, le 17 mars 2009.
Un beau succès avec plus de 80 participants pour cette soirée d'initiation ponctuée par les interventions de Claude Aubry et de Thierry Cros.
Au menu, nous avons déroulé les thématiques suivantes :
- Une introduction aux Méthodologies Agiles
- L'Extreme programming et développement responsable
- L'Agilité en situation
- Notre retour d'expérience sur la mise en place de Scrum
Beaucoup de questions et quelques discussions animées ont vu le jour autour de la relation commerciale avec le client et des aspects financiers.

Nous espérons surtout ne pas rester sur un évènement ponctuel, mais fédérer les utilisateurs des méthodes agiles et les personnes et entreprises intéressées au sein d'une communauté marseillaise.

Je lance un appel aux agilistes de la région Paca et aux bonnes volontés pour nous aider à pérenniser cette démarche. N'hésitez pas à me contacter par mail : kmazet@viaxoft.com.

Plus d'informations sur www.esprit-agile.com

De notre correspondant du SUG dans l'Ouest

Par Laurent Morisseau

Sous l'impulsion du SUG, AgileRenneset AgileNantes, groupes d'échanges et de promotion de l'agilité, coordonnent leurs initiatives sur la région sous la forme de différents ateliers et retours d'expérience:

D'abord un Business Value Game Nantais en janvier suivi d'un XP Game Rennais en février, auquel s'est joint le groupe d'entrepreneurs Rennais du Web, Web2Rennes. Ces deux ateliers ont été bien accueillis par la douzaine de participants présents.

Et enfin un retour d'expérience sur la satisfaction client en projet agile d'Orange Business Services par Hervé Naudin, toujours en février, particulièrement riche qui a suscité de nombreux échanges.

Acteurs de la région Ouest et particulièrement des Côtes d'Armor et du Finistère n'hésitez pas à me contacter pour construire ensemble le SUG Ouest.

Revue de Presse

Par Claude Aubry et Nicolas Martignole

Lean and Agile: Marriage Made in Heaven or Oxymoron?

http://www.infoq.com/articles/backlog-not-waste

Dans cet article, Dave West pose la question si Lean et Agile sont très proches ou au contraire complètement différent, dans le sens et dans les valeurs. Lean est une méthode d'amélioration continue inventée par Toyota. Agile est un terme générique pour regrouper les méthodes de nouvelles générations, dont Scrum. Que pouvons-nous, nous praticiens de Scrum, apprendre du Lean ? Au contraire, quels sujets nous opposent ?

Principles of the Toyota Production System

http://agileinaflash.blogspot.com/2009/02/principles-of-toyota-production-system.html

Stumbling Through Mediocrity

http://jamesshore.com/Blog/Stumbling-Through-Mediocrity.html

James Shore, quelques semaines après son article sur le déclin de l'Agilité qui a fait le tour des gazettes, fustige ceux qui se disent Agiles sans l'être vraiment. Pour éviter de tomber dans cette médiocrité, il rappelle qu'il y a quelques pratiques qui sont indiscutables, comme constituer une équipe complète, avoir un espace de travail collaboratif, ajuster chaque fois que c'est nécessaire les plans pour favoriser la valeur et prendre en compte le feed-back. Personne ne discute l'intérêt de ces pratiques mais leur application n'est pourtant pas généralisée dans les organisations qui se proclament agiles. James Shore attribue cela au manque de courage nécessaire pour dire non chaque fois que ces pratiques sont abandonnées sous prétexte de contexte particulier.

Pour résumer : ce qui compte c'est "Being great", plus que "Being Agile".

Compte Rendu du SigmaT9, 27 mars 2009

Par Claude Aubry et Antoine Vernois

Les SigmaT sont des séminaires sur l'agilité organisés à Toulouse tous les trimestres par l'association éponyme SigmaT. Le 27 mars 2009 a eu lieu la neuvième édition à laquelle ont assisté environ 75 personnes.
Au programme : une présentation du Lean Software, un point sur les "contrats agiles" et un retour d'expérience sur une transition réussie à Scrum.

Le Lean Software par Alexandre Boutin

Alexandre Boutin nous a fait un présentation rapide du Lean et de ses concepts de base.

A l'origine, le Lean a été mis en place et développé chez Toyota pour ses chaînes de production. Tom et Mary Poppendieck ont adapté ce process industriel au développement logiciel. On pourra d'ailleurs y voir un lien de parenté avec Scrum qui tire une partie de ses origines dans les pratiques de Toyota.
Le Lean est une approche globale : ce que l'on considère c'est le système dans sa globalité et non ses composants pris séparément. L'idée est de pouvoir, autant que possible, voir les répercussions sur l'ensemble du système de tout changement. Il s'architecture autour de 7 concepts :

  1. Eliminer le gaspillage (Muda en japonais)
  2. Améliorer le produit
  3. La qualité interne (Build quality in)
    La qualité est un point sur lequel on n'a pas le droit de transiger. Jamais. D'ailleurs, les testeurs ne sont pas là pour trouver des bugs, mais pour les prévenir.
  4. Reporter les décisions
    Autant que possible, il faut prendre des décisions réversibles. Si une décision irréversible doit être prise, elle doit l'être le plus tard possible. Par contre, il faut fixer des dates limites pour ces décisions : il est inutile (et risqué) de les prendre avant, et risqué de la prendre trop tard.
  5. Livrer rapidement
    Tirer plutôt que pousser : au lieu d'attendre que le travail arrive de l'étage d'au-dessus, on va le chercher dès qu'une partie est disponible. Ainsi, on travail en flux continu.
  6. Respecter les gens
    Parce qu'avant tout, le développement logiciel, c'est une histoire d'individus qui travaillent ensemble. Et qu'il est impossible de tout automatiser. Il est donc indispensable de respecter le travail de chacun et le valoriser.
  7. Créer la connaissance
    Une analogie avec la création de connaissance scientifique : observation de la nature => création de théorie => expérience => confrontation avec la nature =>création de théorie => [...] Et c'est ainsi qu'on apprend, en faisant des choses et en reprenant sans cesse le travail pour l'améliorer.

Quel contrat pour mon projet, par Laurent Carbonnaux

Laurent a présenté un panorama des contrats entre un client et son fournisseur, pour ce qui concerne le développement de logiciel. Il a passé en revue les contrats classiques : assistance technique (la régie !) et le célèbre contrat au forfait et les contrats qu'il a qualifiés de plus agiles : l'engagement de productivité, l'agile et l'itératif. Il a évalué ces contrats à l'aune de plusieurs critères dont l'applicabilité de Scrum. Pour le contrat agile, il a évoqué les clauses que Jeff Sutherland a popularisées : Change for free et Money for nothing.

Dans la synthèse produite, les meilleurs contrats pour le critère applicabilité de Scrum sont : le contrat agile, le contrat itératif et ... l'assistance technique.

Présentation du JUG de Toulouse

Le Java User Group Toulouse vient de voir le jour. L'idée de base est la même que le SUG : échange, partage d'expérience, ... Seul le sujet change, il s'agit là évidemment de Java.
La première réunion devrait avoir lieu début mai et parler, au moins, du Google Web Toolkit(GWT).

Atchik Real-Time, le retour d'expérience Scrum par Jean-Baptiste Chéry & Pascal Rieux

Atchik Realtime développe une plate-forme de discussion principalement pour téléphone mobile depuis près de 10 ans. La société fait du développement sur 2 sites à Toulouse et Copenhague.

Confrontée aux classiques problèmes du cycle en V (manque de réactivité, problème de planning, spécifications de plus en plus grosses et inutiles, ...), ils ont décidé de passer à Scrum. Après une première expérimentation mitigée à Copenhague, ils ont décidé de faire une transition plus radicale à Toulouse.

Cette transition s'est faite par l'intervention d'un consultant externe spécialiste de Scrum : au programme, formation de toutes les personnes impliquées et accompagnement pour la mise en place. Après 9 mois, toutes les équipes de développement utilisent Scrum. Les sprints durent 3 semaines à Toulouse et 2 semaines au Danemark, par choix des équipes. Les équipes de Toulouse sont composées chacunes d'un Product Owner, 1 Scrum Master qui peut participer ponctuellement au développement, de 2 développeurs et 1 testeur.

Le développement se fait en TDD avec unit testing, tests automatiques et intégration continue.

Il s'agit l'un d'une transition qui s'est bien passée et dont l'objectif est réussi : ils livrent plus souvent un produit de meilleure qualité.
Grâce aux rétrospectives de fin de sprint, ils continuent à améliorer leur process (évolution de la définition de fini, mis en place d'un tableau niko-niko,...).

Les événements

Par l'équipe de la Rédaction

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Posted at 30 mars @ 7:42 PM by Guillaume Carré | 0 commentaire

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